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Source : CNIL
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Je reviens sur un de mes dadas au risque de me faire engueuler : les statuts des salariés en France, ce bon pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Où certains me semblent plus égaux que d’autres.
Glosons un peu sur le sujet, épidermique s’il en est. Comme je n’exprime que l’opinion d’un obscur provincial, je ne risque rien à tenter le coup. Enfin, j’espère. Depuis que j’en ai pris conscience, j’ai toujours été épaté pour ne pas dire choqué par la séparation des salariés en deux grands groupes à la frontière desquels il ne fait pas bon flâner : ceux du public et ceux du privé. Les fonctionnaires et les autres. Pour être plus précis, ceux qui sont intouchables et ceux qui se font virer à la moindre incartade. Il faut dire les choses comme elles sont. J’entends déjà brailler dans le fond de la salle. De quoi je me mêle, tout cela est issu de durs combats sociaux ! Je n’en doute pas, j’ai eu à en connaitre… Posons-nous cependant la question d’une autre manière, un peu comme quand on demande à certains requins de justifier les bonnes raisons qui les autorisent à accaparer les richesses communes au détriment de ceux qui les produisent et qu’ils plongent ainsi dans la misère. Explications qu’on attend toujours… Je parle des vraies, pas des enfumages habituels. Comment peut-on, dans un état de droit, justifier l’inégalité de traitement des salariés, taillables et corvéables à merci dans des emplois privés, protégés de tout ou presque dans des emplois publics. Mystère et boule de gomme. D’un côté, comment justifier l’existence d’emplois, par exemple ceux des plateformes de livraison en ligne de vos pizza-télé, qu’on peut quasiment assimiler à une forme sournoise d’esclavage ? De l’autre, comment justifier que des profs qui ne font pas leur boulot, ce qui est aisément constatable vu comme ils sont observés par les parents qui ont pris le pouvoir dans les écoles, soient si difficile à sanctionner, à déplacer, voire à virer s’il y a erreur de casting ? Mystère et boule de gomme. J’ai l’impression que ceux qui gouvernent le pays ont cherché à assurer la pérennité du service public en sécurisant au maximum ceux qui s’y emploient, par peur d’incidents, d’interruptions, de difficultés à trouver qui voudra bien se charger de certaines missions majeures bien spécifiques, l’enseignement, justement, ou je ne sais quoi. Et qui ne tiennent pas à changer quoi que ce soit tant que ça marche… même mal. Le service public ne produit pas de richesse, il assure le fonctionnement de la société pour lui permettre de produire des richesses. Il n’a pas d’obligation de résultat en dehors de la satisfaction du public. Les chefs d’entreprises cherchent aussi à pérenniser leur personnel en plaçant les bonnes personnes aux bons endroits, mais leur obligation de résultat sinon faillite, les pousse toujours à faire mieux marcher ce qui marche bien. Quand ça marche mal, je ne fais pas un dessin… L’enjeu est donc bien différent, d’où l’idée de ne pas traiter le personnel de la même façon. Pour moi, funeste erreur. Exigence commune aux deux secteurs, le travail doit être bien fait, en temps et en qualité, pour atteindre son objectif, bien servir et gagner/ne pas gaspiller du fric ! Eh bien non, pour ce que j’en sais. Avec pour conséquence une défiance perpétuelle entre les salariés des deux camps sur fond d’idées reçues et de malentendus. Une défiance qui en arrange beaucoup. Pendant cette guérilla, les esprits sont occupés ailleurs, loin des causes premières. Elle entretient les fonds de commerce des syndicats qui s’en nourrissent pour exister, tout comme les instances dirigeantes se vilipendant mutuellement, dépensiers d’un côté, accapareurs de l’autre ! Personne ne se soucie jamais du coût de cette espèce de comédie totalement contre-productive… Je plaide pour un statut unique du salariat ne permettant plus de comparaisons porteuses de conflits artificiels, d’écarts de rendement, d’impunité ou d’insécurité scandaleux, où la compétence serait le critère premier au service des intérêts publics et privés. Je rêve ? Non, pas vraiment, même si je pèse ce que représenterait une telle remise en question du statut quo qui nous paralyse depuis si longtemps. Les sirènes vont pleurer à l’impossible. L’impossible, on commence quand ? Les rêves sont les buts de guerre les plus puissants ! Je reviens à Leclerc : le serment de Koufra ! |
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