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Source : CNIL
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Je viens d’être confronté à diverses péripéties autour de supports pédagogiques construits pour une exposition à but historique. J’ai découvert à cette occasion combien j’étais vieux et obsolète dans ma vision de la transmission ! Ouille !
Premier épisode lors de l’accrochage de ces fameux panneaux construits à base d’images très colorées et de quelques textes explicatifs aussi résumés que possible : disputation avec le responsable du lieu qui nous accueillait, où les expositions à but historiques se succèdent mois après mois. Disputation car la discussion est restée constructive et argumentée, chacun cependant campant sur ses positions… Les arguments adverses : trop de texte, écrits trop petits, trop dense, il faut édulcorer, simplifier, les gens ne lisent plus, il faut accrocher avec les titres, attention pour les couleurs, etc. Mes arguments : je ne peux pas résumer plus les textes explicatifs au risque de perte de sens, les images choisies sont les seules qui existent, les lettres mesurent 7 mm, on peut lire à cinq mètres… Match nul. Mais je sais que ces panneaux ont été très regardés. Regardés. Lus, compris, je ne sais pas. Second épisode alors que je les montre à mes fils, tout fier de ces exploits graphiques. Tollé général ! Disputation familiale pour les mêmes raisons citées plus haut. De m’expliquer de plus que les mioches, mes petits-enfants, confrontés à ces supports de savoir, les regarderaient à peine, étant habitués à zapper d’une chose à l’autre avec une fréquence aussi énorme que notre écart d’âge. Deux fois, cela fait beaucoup, je dois avoir complètement tord dans cette histoire. Ou bien je vis sur une autre planète. Mars. Ou plus loin. Pourtant, dans les deux cas, à force d’argumenter, j’ai senti au loin percer une forme de fatalisme sur l’accueil réservé à ces documents, la conviction de la nécessité absolue de s’adapter au public du moment prenant au bout du compte le dessus. Premier réflexe, alors que je sais qu’il faut faire simple et éviter de se noyer dans des usines à gaz, je me demande ce que j’aurais pu encore sabrer pour alléger le message. En fait et objectivement, rien, sous peine de trahison ou de simplisme. Second réflexe, je me suis demandé pourquoi la mode était à une documentation réduite à l’os, contraire à tour ce dont je me souvenais de mes lointaines études. Certains sujets sont difficilement condensables. Alors ? Les habitudes des gens, suivant les classes d’âge, sont bien documentées. Je me suis surtout penché sur celles des générations suivant la mienne, dont les usages culturels me sont proportionnellement étrangers en fonction de leur éloignement temporel. Cela recoupe ce que j’ai pu observer directement et que l’on retrouve dans les arguments de mes opposants cités plus haut. Tout a glissé avec les changements de supports, l’égarement dans une offre submergeante, un temps d’attention accordé à de minuscules séquences d’attention distraite, etc. Et donc, il faut s’adapter à ce terrain. Là, je ne suis plus d’accord, c’est une capitulation en rase campagne face à ce que je prends pour une manipulation des esprits destinée à semer une telle confusion que toute contestation fondée sur une bonne appréhension des faits ne sera plus possible. Une nouvelle espèce est en train d’apparaitre : les surfeurs numériques. Qui ne comprennent plus rien faute de temps pour imprimer, ne se sentent pas concernés par un monde qu’ils survolent à haute vitesse et sont ainsi dissuadés de s’y engager en quoi que ce soit sauf à consommer sans réfléchir ce qu’il leur fourni à haut débit. Je crois, qu’au contraire, il est urgent de ramener tout le monde à plus de lenteur, à lire plutôt qu’à écouter ou voir, à cesser de ruiner le sens des choses à force de simplifications, à tarir les sources de diversions pour abonder celles des savoirs si utiles pour produire de la pensée multiple à confronter à celle des autres et à toutes leurs nuances, à se remettre à se parler pour expliquer, débattre et argumenter. A vivre, quoi ! |
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Sujet intéressant et représentatif de notre société. On ne prend plus le temps ! on ne fait plus d'effort !
Lire, comprendre, analyser, mémoriser, 4 verbes qui ont disparus de la pensée des jeunes générations. Aujourd'hui on surfe, on court en trail, on selfie, on profite ! Ces deux philosophies, sont 'elles compatibles ? la maturité et l'âge aideront je l'espère à les rapprocher. |
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