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Source : CNIL
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Je reviens une fois de plus sur l’enfer numérique dans lequel nous nous sommes volontairement enferrés depuis la naissance d’internet et de tout ce qui en a découlé. L’offensive de charme de cette engeance a eu un succès à la hauteur de ses promesses d’ouverture au monde qui, hélas, comme pour toute construction humaine d’envergure, comportaient aussi une face sombre et souterraine.
Par bonheur, un certain nombre de chercheurs, de journalistes d’investigation, de gens naturellement curieux et lucide, l’ont petit à petit trainée au soleil, épouvantés de ce qu’ils pressentaient. En vain. Sans être obligés de jouer aux archéologues, il est très facile de trouver sur le net, dans la presse, dans la littérature, quantité de mises en garde toutes plus précises et alarmantes les unes que les autres. Allez faire un tour sur le replay d’Arte (« Espionnés par nos apps » par exemple) ou allez jeter un coup d’œil sur les étals d’essais sur le sujet chez votre libraire préféré (« Vallée du silicium » d’Alain Damasio, certains articles de « Revue 21 » n°72…) : nul ne pourra dire qu’il ne savait pas ce qui se tramait et ceci sans soupçon de complotisme vu le sérieux de ces travaux. Pour vendre encore et toujours plus, pour accumuler les profits, le monde marchand dans lequel nous vivons de gré ou de force s’est créé des outils d’une puissance et d’une précision implacables, qui nous pistent et lui rapportent tout ce que nous faisons, même dans notre intimité. Qui lui permettent de nous connaitre pour mieux nous tordre le bras et nous conduire à consommer toujours plus. Ça, c’est le premier degré, ce qui est visible pour peu qu’on soit attentif à ce qu’on fait de nos vies. Reste le second degré. Les montagnes de données issues de cet espionnage aussi systématique que clandestin, sont elles aussi valorisées, il n’y a pas de petits profits, mon bon Monsieur, si on peut amortir les térawattheure d’énergie précieuse et les kilomètres cubes d’eau consommés pour ça, ne nous gênons surtout pas ! Alors on les vend ! Par tombereaux entier ! A qui ? Peu importe, l’argent n’a pas d’odeur. C’est ainsi que la planète entière est déjà câblée façon 1984, la laisse est déjà en place, nous sommes tracés ouvertement et à notre insu ! Tout est prêt pour un contrôle mondial de la population tant il est facile de passer d’un profil commercial à un profil politique. Je ne délire hélas pas, poussé par une paranoïa maladive. Les autocrates que nous avons l’habitude de fustiger à tout propos ont déjà pris quelques longueurs d’avance et nous montrent, si on veut bien regarder, ce qui nous attend dès lors qu’un pouvoir populiste aura pris le pouvoir chez nous et, faute de savoir tenir ses promesses fallacieuses, n’aura qu’à imiter ses devanciers dans le verrouillage des consciences et des opposants. Les plus forts en Chine, où le bâton à la 1984 est tempéré par une petite dose de bonheur à la « Meilleur des Mondes » ! Orwell et Huxley, qui avaient tout vu, tout compris… J’ai toujours trouvé choquant que dans nos belles démocraties, il soit impossible d’interdire le réseau aux salopards qui le transforment en poubelle et en machine à décérébrer massivement alors que les autocrates y parviennent fort bien, eux ! Par quel bizarrerie nous trouvons-nous incapables de mater les entreprises qui gouvernent le net ? Comment les autocrates parviennent-ils à se faire entendre ? Ce que je crains, c’est qu’ils soient sur la même longueur d’onde que les grands opérateurs dont le but de guerre est l’asservissement des consommateurs, les réduisant à se vider les poches dans les leurs. Remplacez consommateurs par citoyens et poches par conscience et vous avez la version obscure, pardon, la version noire du système. Je suggère à nos politiciens de faire un stage chez les autocrates pour apprendre à quoi sert l’internet tel que nous l’avons laissé dériver. Peut-être prendraient-ils au mieux conscience du danger ? Ou au pire, de l’opportunité de nous ficeler encore plus. Cependant, le danger de cette mainmise sur nos esprits n’est que l’avant-garde d’une catastrophe encore plus terrible qui vise nos enfants dont l’esprit critique en construction ne résiste pas aux charmes du net, des applications et autres réseaux asociaux. Sans réaction de notre société, nous sommes en train de construire un monde niant tout ce qui fait notre humanité, peuplé de zombies ne vivant que des existences virtuelles et panurgiques, sans issues. Dans le combat contre Big Brother et le conditionnement béat à la Huxley, s’il est bien difficile de s’opposer aux puissances du numérique, attaquons à la source et commençons par couper le courant aux gamins. Et ainsi sauver leurs âmes. Et l’avenir de l’Humanité. |
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AlternativeS DémocratiqueS 2011-2026
